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La Boudeuse au pays de Sindbad le marin / Sultanat d'Oman
PARIS (AFP) - Etape dans l'univers légendaire des Mille et une Nuits: la Boudeuse, le trois mâts goélette d'exploration, parti en juillet 2004 de Bastia pour une circumnavigation "à la rencontre des peuples de l'eau", a jeté l'ancre au sultanat d'Oman, le pays de Sindbad le marin. Avant même que la vigie ne puisse discerner dans la brume de chaleur les côtes omanaises, l'équipage de la goélette était déjà plongé dans le monde tumultueux du marin aux "sept voyages", en bataillant ferme contre un océan Indien déchaîné en cette saison de mousson.
"Un périple harassant, une mer à la houle puissante et dangereuse, des vents contraires et violents dictant leur impitoyable loi à l'équipage, sans répit à la manoeuvre sur le pont et dans les vergues, pour carguer ou envoyer les treize voiles du bâtiment", raconte le capitaine Patrice Franceschi.

La Boudeuse dans le port de Mutrah à Mascate
Partie début juillet de Singapour après un carénage complet, la Boudeuse est enfin venue à bout de l'Océan Indien (trois voiles y périrent) après deux mois de navigation, un détour au sud de l'équateur pour "toucher" les alizés portants, une escale aux Maldives et 5.000 milles (quelque 9.000 km) parcourus.
Un heureux quiproquo réserva aux navigateurs français l'accueil chaleureux d'une population massée sur le port de Mascate, la capitale. L'explication fut rapidement livrée: le navire école de la marine omanaise, "Chebab Oman", est la copie conforme de la Boudeuse et c'est le fleuron de leur flotte nationale que les bédouins du littoral croyaient voir accoster !
"La méprise fut de bon augure, et nous n'en fûmes que plus rapidement adoptés", assure le capitaine.
Mais c'est à Sour, le port historique sur la route de l'encens, trait d'union entre l'Inde et l'Afrique, que la Boudeuse s'est ensuite amarrée parmi les boutres pour y mener sa nouvelle mission, auprès de ce "peuple de l'eau" d'Arabie, "bédouins de la mer".
Tours et fortins séculaires, dressés entre mer et désert, dominent la ville aux maisons blanches que baignent les eaux turquoises de la baie.
"Ce site défie le temps avec son décor éternel qui donne le sentiment d'avoir remonté les siècles", témoigne Patrice Franceschi.
"Les marins et pêcheurs de Sour, ces nomades de la mer, sont les plus réputés de la péninsule arabique, ajoute-t-il. Pendant un mois, nous allons les accompagner pour traquer sur leurs sambucks à l'étrave effilée, le thon et le barracuda, les bans de sardines et les maquereaux géants".
"Nous partagerons aussi l'ouvrage des derniers artisans constructeurs de boutres traditionnels, en bois de teck, du vieux chantier naval".
Mais à Oman, l'appel du désert est irrésistible et les aventuriers de la Boudeuse vont franchir la porte des sables.
De tous temps, les bédouins de l'erg, éleveurs de chameaux et de chèvres dans le nord, cultivateurs du palmier-dattier et producteurs de la myrrhe et de l'encens dans les oasis du sud, ont commercé avec leurs frères de la côte.
"Qu'en est-il aujourd'hui ?", se demande Patrice Franceschi.
A défaut d'obtenir la réponse de la bouche de Sindbad, cette observation est aussi à l'ordre du jour de la mission de la Boudeuse en Orient.
Pour voir plus loin sur le site officiel - la Boudeuse - cliquez ici
EXPOSITION / NOUS AUTRES
11 novembre 2005 → 01 avril 2007
MEG | Carl-Vogt - Entrée libre
L’autre est-il un sauvage, un modèle ou tout simplement notre semblable ?
Nous constatons chaque jour dans la rue ou dans les médias l’immense variété des langues, des religions et des cultures.
Pour certains, cette diversité représente un problème. Pour d’autres, c’est une richesse ou un avantage.

L'ethnocentrisme n'est pas une fatalité
Prenant appui sur le célèbre livre de Claude Lévi-Strauss, «Race et histoire», l’exposition «Nous autres» aborde la question de la diversité culturelle et du racisme, au coeur des enjeux de nos sociétés contemporaines.
Elle part du constat que nous sommes, à la base, tous ethnocentriques, c’est-à-dire que nous avons tendance à penser que nous sommes les seuls au monde à avoir raison et à nous comporter de manière civilisée, tandis que nous voyons dans le comportement de l’étranger quelque chose d’incompréhensible, voire de scandaleux.
Cependant, l’ethnocentrisme et la discrimination ne sont pas une fatalité. Le regard que l’on porte sur le reste de l’humanité change en fonction de l’histoire, du niveau de connaissance et des contacts que l’on entretient avec les autres peuples. L'ethnologie et l'anthropologie ont largement contribué à construire ce regard et à comprendre l'autre.
Accepter l'autre et sa différence
L'exposition «Nous autres», par sa mise en scène théâtralisée, invite chacun à se confronter à la complexité des rapports humains. Puisant dans la richesse des collections ethnographiques, des documents d'époque et des créations artistiques contemporaines, elle aborde les différentes représentations que nous, Occidentaux, avons des autres, mais également le regard que les autres nous renvoient.
L'exposition démontre au fil des salles que nous pouvons, par un effort de décentrement, essayer d'accepter l’autre et sa différence.
Accepter l'autre et sa différence
«Le sentiment de gratitude et d’humilité que chaque membre d’une culture donnée peut et doit éprouver envers tous les autres, ne saurait se fonder que sur une seule conviction: c’est que les autres cultures sont différentes de la sienne, de la façon la plus variée; et cela, même si la nature dernière de ces différences lui échappe ou si, malgré tous ses efforts, il n’arrive que très imparfaitement à la pénétrer.»
Claude Lévi-Strauss, Race et histoire, 1952
Exposition Nous autres, Musée d'ethnographie de Genève, 65, bld Carl-Vogt, CH-1205 Genève. Jusqu'au 1er avril 2007. Tél. +41 (0)22 418 45 44 / Fax +41 (0)22 418 45 51 / E-mail: musee.ethno@ville-ge.ch.Ouvert tous les jours de 10h à 17h, fermé le lundi. Entrée libre.
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